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jeudi 20 mars 2014

Un été à Osage County au cœur d’une maisonnée fissurée

On entre dans cette maison affaissée, toute pleine de fissures. Tout commence par les fondations qui sont bancales : père alcoolique et adultère, mère lunatique, parano et droguée.
Il y a cette fratrie également usée par des parents trop durs, trop exigeants, et en même temps incapables. 3 sœurs qui se retrouvent en raison de la disparition de leur père.
Il y a tout d'abord Barbara (Julia Roberts), la préférée des parents dont on a toujours beaucoup attendu, à qui l’on reproche de s’être éloigné de tout cela. Son mariage s’effrite lui aussi, à l’image de cette maison.
Que dire d'Ivy, cette deuxième sœur qui est restée envers et contre tout, mais qui souhaite enfin prendre son envol, et de Karen dont la parole ne semble pas beaucoup compter et qui s’est réfugiée dans les relations amoureuses foireuses ?!

 

J’ai adoré le jeu de Meryl Streep qui m’a réellement impressionné.
Chaque famille a ses histoires, ses cadavres dans le placard. Celle-là est emplie de souffrance. L’enfance des parents a rejailli sur leur comportement une fois adulte. Quant à l’enfance des 3 filles, qui n’a pas dû être de tout repos, elle a également laissé des traces douloureuses.


Une seule question me taraude à la fin du film : pourront-elles s’extirper de leur passé, et être enfin heureuses ?

La bande annonce du film :

 

dimanche 16 mars 2014

La cour de Babel : passer du rire aux larmes et des larmes au rire en 1H30

J'y suis allée sans trop d'a priori. Je ne recherchais rien de particulier. C'était juste un des seuls films-docu sortis cette semaine qui avait une bonne critique, alors je me suis dit " pourquoi pas? ".
5 minutes après le début, j'ai su que j'avais fait le bon choix.
J'ai passé un agréable moment : rires aux éclats, pleurs à chaud de larmes, tout cela en 1h30.


Pour résumer :

Une classe d'intégration. Des élèves qui viennent des 4 coins du monde, et qui apprennent le français, essayent de s'intégrer, d'être de bons fils/filles pour leurs parents, de bons élèves pour leurs professeurs, qui ont leur histoire (souvent dure), leurs rêves et espoirs, et leurs petites préoccupations d'ados.



C'est savoureux, vraiment. Il y a de l'émotion (sans tomber dans le pathétique) bien dosée, de la spontanéité, de la chaleur, et de la fraicheur
Je tiens à remercie tous ces petits mecs, et ces petites nénettes pour nous avoir permis de rentrer dans leur monde. Ce ne sont pas des acteurs payés pour nous procurer de l'émotion, juste des enfants qui en dépit de vies parfois chaotiques,  sont optimistes et plein d'humanité. Ils m'ont donné de l'espoir en l'avenir.

Si vous avez aimé : " Être et avoir ", ou encore " L'esquive ", je crois que vous aimerez la cour de Babel.


dimanche 9 mars 2014

14 millions de cris de Lisa Azuelos

14 millions de cris : un film de 4 minutes en noir et blanc sur les mariages forcé réalisé pour la journée internationale de la femme. 
Une jolie cause, mais surtout un joli coup de pub! Ma curiosité m'a poussée à m'y intéresser, j'ai été déçue!
 


La réalisatrice, Lisa Azuelos, à souhaiter situer son action dans un milieu bourgeois afin ne pas tomber dans les stéréotypes liés aux mariages forcés.
C'était une bonne idée, mais elle est tombée dans l'extrême inverse, rendant son film peu crédible!
Par ailleurs, je reste sur un petit goût d'inachevé. La fin est un peu trop maladroite à mon goût : elle manque de finesse
Le thème ne s'y prête certainement pas, mais la réalisatrice aurait, pu trouver une alternative davantage " élégante ".

J'ai aimé : le message à la fin :
" 14 millions de cris
Personne pour les entendre
Les petites filles ne sont pas des femmes ".
Toutefois, étant donné que le film est sur le mariage forcé, j'aurais écrit : 14 millions de cris, personne pour les entendre, les femmes ne sont pas des marchandises!


mercredi 5 mars 2014

Les bruits de Recife



J’ai plutôt en tête des images de Recife. Maintenant, je connais ses bruits.

Les bruits de Recife est un film sur le Brésil. Pas le Brésil caricatural que l’on évoque en pensant à la prochaine coupe du monde de football, pas le Brésil du carnaval, des plages, des belles filles.

C’est le Brésil qui est sorti dans la rue il y a quelques mois pour protester contre la vie toujours plus cher, celui des différences et de la ségrégation sociale.



Pourtant, rien ne nous est imposé. Kleber Mendonça Filho, le réalisateur n’a pas ouvertement mis en avant la pauvreté, aucune scène n’est tournée dans les favelas. Il a choisi de tout suggérer, en filmant un quartier de classe moyenne de la zone sud de Recife dont le quotidien est perturbé par l’arrivée d’une société de sécurité privée.

La présence de ces hommes est source de tranquillité pour certains et de tension pour d’autres, dans une communauté qui semble avoir beaucoup à craindre.

A nous de lire entre les lignes, de deviner la violence latente, la tendance à l’hyper sécurisation, les jalousies et les mesquineries de voisinage, les désirs de vengeance de certains…

Il nous offre également de magnifiques paysages en « photographiant avec sa caméra » la campagne aux alentours de Recife. 
De ces images se dégage une impression de quiétude, en opposition avec cette atmosphère oppressante propre aux scènes tournées en ville.



Ce film est peut être un peu trop lent à mon goût.

On ne sait pas vraiment où le réalisateur nous emmène, on lui fait confiance, on lui tient la main, et on avance à tâtons.

Cependant, il a le mérite de s’approcher d’une réalité sociale qui est trop peu mise en avant.

Par ailleurs, à la manière de Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur appuie à plusieurs reprises sur le « bouton off » pour nous offrir au moment où l’on ne s’attend pas des moments magiques qui font de certaines scènes de ce film, de véritables petits bijoux.


La bande annonce :



lundi 3 mars 2014

Lupita Nyong'o : un vent d'air frais souffle sur le cinéma !



Alors que certains (désolée Léo) attendent la récompense suprême toute leur carrière, Lupita se paye le luxe de la décrocher pour son premier film en tant qu’actrice ! Pas étonnant que son nom et son visage figurent en bonne place dans la presse aujourd’hui...


Pourtant, il y a encore quelques mois, son nom nous était inconnu. Qui connaissait cette fille de diplomates kenyans, née et élevée au Mexique, et formée à la très prestigieuse Yale School of Drama? Qui aurait parié qu’elle recevrait l’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle ?
Habituée au « back office », aux coulisses, puisqu’elle a notamment été assistante de production sur le film The constant gardener, tourné au Kenya, Lupita a eu la bonne idée de sortir de l’ombre.
Sa performance dans 12 years a slave est remarquable à plusieurs titres. Elle a apporté une touche particulière à ce film en incarnant avec brio Patsey, une esclave abusée par son maître cruel, violent et irascible.


Ses origines, sa formation, et son évolution dans le monde du cinéma, font de Lupita un ovni à Hollywood. Elle est pleine de générosité, de simplicité, de fraicheur. Elle est à ce titre atypique.


Dimanche, lors de la cérémonie des oscars, elle a prononcé un très beau discours : « À aucun moment je n’oublie que toute cette joie dans ma vie est liée à toute la souffrance d’une autre personne. Je veux donc saluer l’esprit de Patsey pour m’avoir orientée, a-t-elle déclaré. Je remercie également Solomon pour avoir raconté son histoire et la sienne. Ainsi que Steve McQueen, (...) merci pour m’avoir mise dans cette position. Je suis certaine que ceux ont disparu se lèvent pour toi et te regardent avec beaucoup de gratitude. »




J’espère qu’elle conservera ce petit truc, qui la rend rayonnante à mes yeux.

Longue vie à Lupita en tant qu’actrice, mais également en tant que réalisatrice!


mardi 7 janvier 2014

Tomboy, un film au coeur d'une polémique injustifiée!


Ces dernières semaines, j'ai été surprise par la polémique à propos du film Tomboy de Céline Sciamma.

En effet, ce film est diffusé dans les écoles primaires (classes de CE2, CM1, CM2) dans le cadre du programme " École et cinéma ", dont le but est d'effectuer " un travail de sensibilisation et de formation au cinéma comme art auprès du très jeune public ".

Certaines associations de parents d'élèves ont vu rouge, et ont décidé de demander l'interdicti la diffusion de ce film.


TomBoy, est l'histoire de Laure, 10 ans, garçon manqué qui arrive dans un nouveau quartier. Elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret. 
 


C'est un très beau film, émouvant, avec des enfants (Zoé Héran, dans le rôle de Lisa/Michaël, Malonn Lévana dans le rôle de Jeanne, et Jeanne Disson dans le rôle de Lisa), qui jouent super bien.

Il m'a rappelé mon enfance. Je n'oublierais jamais le jour où une " dame de service " m'avait qualifiée de " garçon manqué ". J'étais en dernière année de maternelle, j'ai eu l'impression d'être cataloguée, d'avoir fait quelque chose de mal, d'être différente, alors même que je ne m'étais jamais posée de question auparavant, et que je n'étais qu'une petite fille qui n'aimait pas porter des jupes.


Cette polémique me semble donc tout à fait déplacée parce qu'il s'agit avant tout d'une histoire d'une ENFANT qui a du mal à trouver sa place parmi les autres enfants.
Contrairement à ce que certains pensent et affirment tout haut, il ne s'agit pas d'un film sur homosexualité. C'est un film sur l'enfance qui appelle à la tolérance, au respect de la personne humaine, au pardon. Il me semble que ce sont des valeurs qu'il est souhaitable de transmettre aux plus jeunes.
S'il y a débat, celui-ci doit avoir lieu " entre les murs " d'une salle de classe, avec des mots d'enfants, et pas au sein de l'arène politique.


Pour aller plus loin :

Un article de Clarisse Fabre, le film " Tomboy " relance le débat sur la question du genre, publié dans Le Monde, le 23 décembre 2013.

La bande-annonce :



dimanche 5 janvier 2014

Le loup de Wall Street : le retour gagnant de DiCaprio!

Dans Gatsby, Leonardo DiCaprio m'avait énormément déçue. J'ai trouvé le film bling-bling et sans âme.
A l'image du personnage qu'il incarnait, Leonardo en faisait trop.
J'attendais donc avec impatience de le retrouver pour un rôle imposant comme il les aime.
C'est chose faite avec Le Loup de Wall Street.


Synopsis :

L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan Belford, un trader sans pitié, surnommé le loup, et de son équipe, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…


Mon avis : 

Je crois qu'il y a deux caractéristiques principales dans la filmographie de Leonardo qui ont fait son succès :
1/ incarner des rôles d'homme fort, ayant une histoire à raconter comme dans Catch me if you can, The Aviator, ou encore J. Edgar.
2/ sa collaboration fructueuse avec Martin Scorsese : Gangs of New-York, the Aviator, les infiltrés, Shutter island.

Leonardo DiCaprio et Martin Scorsese
Dans le loup de Wall Street c'est un peu la combinaison gagnante puisqu'il retrouve en quelque sorte son réalisateur fétiche,pour un film dans lequel il prend le pouvoir sur la caméra et il crève l'écran.

Il n'y a ni compassion, ni moralité, ni justice, et encore moins de repentance dans ce film.
Il s'agit juste d'une histoire, une histoire d'argent sale, de sexe, de drogue, et de pouvoir.  Et tout cela est assumé. 


 La longueur du film et cette combinaison de provocation sans vergogne aurait pu être un flop, mais le jeu des acteurs, l'humour noir maîtrisé, l'intérêt du film (comprendre une certaine conception du trading), et son excellente réalisation lui ont donné les atouts pour être un vrai bon film!
Oubliée ma déception de Gatsby, j'ai retrouvé le Léo que j'apprécie tant!





 






mercredi 1 janvier 2014

Laissez tomber Don Jon de Joseph Gordon-Levitt, et regardez Shame de Steeve McQueen!


Une bande annonce répétitive relatant  les passions de Jon : son corps, sa voiture, son appart, sa caisse, sa famille, son église, ses potes, ses nanas, …. et son porno, ET un beau casting (Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore) m’avaient convaincue d’aller voir Don Jon.


 
Synopsis du film :

Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…


Mon avis :

Pendant, 1H30, j’ai donc découvert de film, mais je vous avoue être restée sur ma faim.
Trop facile, car le film finit pas une « happy end » largement prévisible, et  pas assez abouti, Don Jon est selon moi un film destiné à un public large qui appréciera cet humour.
Il manque de poésie, de photographie, de passion, de beauté. Il est sans finesse et peut être qualifié de bon divertissement commercial nord-américain.


Sur le même sujet, je n’ai pu m’empêcher de le comparer au film « Shame », que j’avais beaucoup apprécié, mais qui ne vise pas la même catégorie de spectateurs. 


« Shame » est un film dramatique de Steve McQueen, avec deux excellents acteurs : Michael Fassbender et Carey Mulligan. 
Le réalisateur nous ouvre l’univers « d’un personnage malade de l'amour, qui n'arrive pas à aimer ». 
Nous découvrons tout de son intimité, et surtout sa solitude, son désespoir, et ses relations compliquées avec sa sœur. 


C’est un beau film que je vous conseille (au contraire de Don Jon), même s’il se termine quelque peu par une impasse!


Pour aller plus loin :

La bande annonce de Shame :